Proxys IPv4
Un proxy IPv4 vous donne accès à une adresse IPv4 publique par l’intermédiaire d’un service proxy. Vous pouvez reconnaître ce format d’adresse à ses quatre nombres séparés par des points : par exemple, 203.0.113.42.
La comparaison des versions d’adresses est présentée dans Proxys IPv4 ou IPv6. Nous expliquons ici IPv4 lui-même : la composition de ses adresses, les raisons de leur nombre limité et les conséquences sur le coût et l’historique des proxys que vous achetez.
Que sont IPv4 et les proxys IPv4 ?
IPv4 signifie Internet Protocol version 4, ou protocole Internet version 4. Il définit la manière dont les données sont adressées et transportées entre les réseaux. Les données circulent dans des unités appelées paquets, chacune contenant les adresses source et de destination. Les équipements réseau utilisent l’adresse de destination pour diriger un paquet vers son destinataire.
Une adresse IPv4 est l’adresse numérique utilisée dans ce système. Elle est attribuée à une interface réseau : la connexion physique ou virtuelle d’un appareil à un réseau. Un serveur peut avoir plusieurs adresses, et une adresse peut ensuite être attribuée à un autre serveur. Le numéro n’est donc pas l’identifiant permanent d’une machine physique.
Un proxy est un service intermédiaire qui envoie des requêtes pour votre compte et vous renvoie les réponses. Avec un proxy IPv4, ces requêtes arrivent à destination depuis l’adresse IPv4 publique du proxy. C’est cette adresse qu’un site voit comme source réseau des requêtes transmises par le proxy.
Lorsque vous achetez un proxy, vous payez l’accès à ce service et à ses ressources d’adressage pendant la période convenue. L’IP est utile parce que le fournisseur exploite le serveur et le réseau qui la sous-tendent : une adresse simplement écrite ne peut pas transmettre une requête.
Comment une adresse IPv4 est-elle composée ?
L’adresse 203.0.113.42 comporte quatre parties : 203, 0, 113 et 42. Chacune représente un octet, un groupe de huit bits. Un bit est un chiffre binaire qui peut valoir 0 ou 1.
Huit bits offrent 28, soit 256, combinaisons possibles. En comptant à partir de zéro, on obtient des valeurs de 0 à 255. C’est pourquoi un octet peut contenir 203 ou 42, mais pas 300. Les points séparent les octets dans la notation décimale habituelle.
Les quatre octets contiennent ensemble 4 × 8 = 32 bits. Par exemple, le nombre décimal 203 s’écrit 11001011 en binaire, et 42 s’écrit 00101010. Chacun occupe toujours huit bits, même si l’un des nombres décimaux a trois chiffres et l’autre deux.
Les quatre nombres ne codent pas séparément un pays, une ville, un fournisseur et un appareil. Les informations sur le réseau et la localisation estimée d’une adresse proviennent des données d’enregistrement, des informations de routage et des bases de localisation.
Une entrée de proxy ajoute généralement un port après l’adresse. Dans 203.0.113.42:8080, les deux-points séparent deux valeurs différentes :
L’adresse IP indique où se connecter ; le port identifie le service à cette adresse. Ici, 8080 est le port sur lequel le service proxy accepte les connexions. Le port est distinct des quatre octets et ne fait pas partie des 32 bits de l’adresse.
Le port est indiqué par le fournisseur. Changer de port ne crée pas une autre adresse IPv4. Un fournisseur peut toutefois configurer différents ports pour utiliser différentes adresses existantes lors des connexions aux sites ; les seuls paramètres de connexion ne permettent pas de savoir combien d’IP la destination verra.
Pourquoi le nombre d’adresses IPv4 est-il limité ?
Une valeur de 32 bits offre exactement 232 = 4 294 967 296 combinaisons possibles, soit environ 4,3 milliards. C’est la taille de l’ensemble de l’espace d’adressage IPv4. Certaines adresses sont réservées aux réseaux locaux et à des usages particuliers, ce qui en laisse moins pour l’usage public ordinaire.
La réserve est aussi inégalement répartie. Les ressources d’adressage ont été allouées aux réseaux pendant de nombreuses années, et une grande partie de l’espace disponible est déjà détenue par des organismes. Une adresse peut être allouée même lorsqu’elle ne dessert aucun appareil actif. Une connexion échouée ou un ping sans réponse ne montre donc pas que l’adresse est disponible pour quelqu’un d’autre.
Lorsqu’un registre annonce l’épuisement de son pool d’IPv4 libres, cela signifie qu’il ne dispose plus du stock utilisé pour les allocations ordinaires. L’ARIN, l’un des organismes régionaux qui administrent les ressources d’adressage, a atteint ce stade en 2015. Les adresses déjà allouées continuent de fonctionner, et les ressources existantes peuvent être remises en service ou passer d’un organisme à un autre.
Pour un service proxy en croissance, la contrainte est l’accès à ces ressources. Les adresses IPv4 publiques distinctes supplémentaires doivent provenir de la réserve existante et finie. Les adresses constituent ainsi une ressource ayant sa propre disponibilité et son propre coût.
Comment les réseaux partagent-ils une réserve IPv4 limitée ?
Les appareils n’ont pas tous besoin d’une adresse IPv4 publique distincte. Dans un logement ou un bureau, ils peuvent utiliser des adresses locales comme 192.168.1.10. Un autre réseau local indépendant peut utiliser la même adresse sans conflit : ces adresses ne sont pas routées directement sur l’Internet public.
La NAT, ou traduction d’adresses réseau, permet à un routeur de traduire des adresses locales en adresses publiques. Dans sa forme courante qui traduit aussi les ports, un ordinateur portable et un téléphone peuvent atteindre les sites via une même IPv4 publique. Le routeur suit leurs connexions et renvoie chaque réponse au bon appareil.
Les fournisseurs d’accès peuvent appliquer le même principe à plus grande échelle en partageant des adresses publiques entre abonnés. Cela permet aux adresses existantes de servir davantage d’appareils. Cela n’augmente pas le nombre de valeurs IPv4 publiques distinctes : le trafic de plusieurs utilisateurs peut toujours apparaître sur un site sous une seule adresse.
Où les fournisseurs de proxys obtiennent-ils leurs adresses IPv4 ?
Les fournisseurs de proxys obtiennent des adresses selon plusieurs modalités. Ils peuvent utiliser des ressources déjà enregistrées au nom de leur organisme, en louer à un autre détenteur ou recevoir des adresses dans le cadre d’un service de serveur ou de réseau.
Avec une location, le fournisseur paie pour utiliser une plage existante pendant une période convenue. Avec un transfert, les droits sur une plage d’adresses passent d’un organisme à un autre selon les procédures du registre compétent. Ces transactions impliquent souvent un paiement au détenteur précédent. Dans les deux cas, les adresses existent déjà dans l’espace d’adressage IPv4.
Avec l’hébergement ou la connectivité, les adresses peuvent être fournies avec l’infrastructure. Par exemple, un fournisseur de proxys peut louer des serveurs dans un centre de données et obtenir des IP supplémentaires parmi les ressources disponibles de celui-ci. Le vendeur de proxys et l’organisme inscrit dans le registre d’adresses peuvent donc être deux entreprises différentes.
Obtenir les ressources n’est qu’une partie du travail nécessaire pour les rendre utilisables. Le réseau doit acheminer le trafic vers la bonne infrastructure, et le logiciel proxy doit traiter les requêtes. Installer une autre copie de ce logiciel ne génère pas de nouvelles IP publiques ; le service a besoin à la fois de ressources d’adressage et des équipements qui les rendent opérationnelles.
Comment la rareté d’IPv4 influence-t-elle le prix des proxys ?
Une offre limitée et une demande persistante donnent aux ressources d’adressage IPv4 une valeur marchande. Un fournisseur qui loue des adresses paie pour y accéder ; celui qui acquiert des ressources par transfert engage des fonds pour leur utilisation à long terme. Ces coûts existent même lorsque les clients envoient peu de trafic.
Cela aide à comprendre pourquoi un service proxy peut facturer selon le nombre d’IP. Mettre à disposition davantage d’adresses distinctes revient à fournir davantage d’une ressource limitée. Une faible charge de travail ne rend pas nécessairement peu coûteuse la fourniture d’un grand ensemble d’adresses IPv4.
Le prix final du proxy couvre aussi les serveurs, la capacité réseau, la maintenance et l’assistance. Plusieurs adresses peuvent fonctionner sur le même serveur, ce qui répartit le coût des équipements. Cela peut réduire le coût de fourniture de chaque proxy, tandis que chaque IP publique distincte consomme toujours une adresse de la réserve disponible.
La rareté explique donc une partie du prix, sans définir un tarif universel. Les fournisseurs ont des coûts d’acquisition, des infrastructures et des modèles de service différents. Un prix plus élevé ne prouve pas à lui seul un meilleur historique d’adresse et ne garantit pas qu’un site particulier acceptera le proxy.
Historique et réputation d’une adresse IPv4
Une adresse IPv4 peut connaître plusieurs périodes d’utilisation : sur le serveur d’une entreprise, dans un service d’hébergement, puis dans le stock d’un fournisseur de proxys. Acheter un proxy marque le début de votre accès au service. Cela n’efface pas l’activité antérieure associée à l’adresse.
La réputation IP est une évaluation d’une adresse fondée sur les informations relatives à son utilisation. Un site ou un système de sécurité peut examiner les requêtes passées et actuelles, les plaintes, les comportements suspects et le réseau auquel l’adresse appartient. Avec un accès partagé, le trafic actuel d’autres clients peut aussi influencer le traitement de cette IP. Les systèmes recueillent des éléments différents et appliquent leurs propres règles ; il n’existe pas de score de réputation unique utilisé par tous les sites.
L’historique peut jouer en faveur d’une adresse. Lorsqu’un service tient compte des comportements passés, un historique établi de trafic ordinaire peut être un signal utile. Le facteur pertinent est ce que le système a observé : l’ancienneté de l’adresse ne suffit pas à établir la confiance.
L’historique peut aussi poser problème. Un utilisateur précédent peut avoir généré du trafic abusif ou déclenché une restriction d’IP. Un nouveau client peut alors rencontrer des vérifications supplémentaires ou des requêtes refusées avant même d’avoir fait quoi que ce soit à l’origine de la restriction initiale. Un nouvel abonnement ne signale pas automatiquement à tous les sites que l’utilisateur derrière l’IP a changé.
Ces évaluations peuvent évoluer. Les opérateurs peuvent mettre fin aux activités nuisibles, enquêter sur les plaintes et demander des corrections à des listes particulières ; les sites peuvent revoir leurs propres restrictions. Aucune action unique ne réinitialise la réputation d’une adresse partout, et la décision d’un service ne détermine pas le traitement appliqué par tous les autres.
Que signifient les IP « nouvelles » et « propres » ?
Ces termes ont besoin d’un sens précis pour être utiles. Trois affirmations différentes peuvent apparaître dans les descriptions de proxys, chacune disant autre chose sur l’adresse.
Nouvelle pour le client. L’adresse vient d’être attribuée à votre service ou ajoutée au stock disponible du fournisseur. Cela décrit le moment où vous ou le fournisseur l’avez reçue. Cela ne permet pas de savoir quand elle est apparue sur Internet pour la première fois ni à quoi elle servait auparavant.
Propre selon les vérifications effectuées. Une adresse peut être qualifiée de propre parce qu’elle ne figure pas dans les listes de blocage consultées ou n’a aucun problème signalé dans des bases précises. Ce résultat a un périmètre et une date. Une liste publique ne peut pas montrer toutes les restrictions qu’un site conserve en interne.
Jamais utilisée comme proxy auparavant. Il s’agit d’une affirmation sur son usage passé. Une adresse peut avoir servi dans un réseau d’entreprise ordinaire avant d’intégrer un service proxy. Cet historique diffère de celui d’une adresse jamais utilisée, et l’absence d’étiquette de proxy dans une base ne suffit pas à prouver cette affirmation.
Une évaluation utile précise donc ce qui a été vérifié : quelles sources, à quelle date et pour quel type de problème. Une requête réelle vers le site concerné fournit des éléments sur l’accès actuel à ce site. Notez aussi la réponse : un dépassement du délai d’attente peut provenir d’un problème de connexion, tandis qu’une erreur de connexion au compte peut concerner le compte plutôt que l’historique de l’IP. Ni une requête ni un résultat de liste de blocage n’établissent un historique complet ou une acceptation permanente.
Pourquoi les restrictions peuvent-elles toucher tout un réseau ?
Un site peut appliquer des règles à une IP individuelle, à une plage d’adresses ou au réseau d’un opérateur. Les restrictions au niveau du réseau peuvent refléter une activité observée sur de nombreuses adresses ou une politique visant une source de trafic particulière.
Par exemple, un site peut restreindre le trafic provenant d’un réseau d’hébergement. Une adresse de ce réseau peut être touchée même si le site n’a aucune trace de requêtes nuisibles provenant de cette IP particulière. La vérification de l’historique individuel de l’adresse n’expliquerait pas entièrement le résultat.
Si une restriction couvre toute une plage, remplacer un proxy par un autre dans cette même plage laisse la règle applicable. Si elle couvre le réseau de l’opérateur, même une adresse d’une autre plage de ce réseau peut rester concernée. Changer d’adresse et changer de réseau sont deux modifications différentes.
C’est pourquoi l’historique d’une adresse et son appartenance réseau doivent être examinés ensemble. Un proxy peut n’avoir aucun problème de réputation individuel connu et rester inadapté à la politique d’accès d’un site. Le résultat pratique dépend de la manière dont ce site évalue l’adresse, son réseau et les requêtes envoyées.
